Matière à réflexion

L'Histoire et l'histoire

Nous vivons un moment historique. Pour la première fois dans l’Histoire, tous les humains se trouvent face à un même ennemi (selon Macron), un choc (selon les économistes), un mutant (selon les virologues), un crise systémique (selon les financiers), une odeur de fin du monde (selon les catastrophistes), un naufrage (selon les déboussolés). Toutes égales et tous égaux, sans distinction de sexe, d’âge, de revenus, de croyance, de peur ou de confiance en soi, de lucidité ou d’obscurantisme.

Aucun groupe humain ne peut se contenter d’assister, aucun groupe ne peut détourner le regard, se cacher dans le sable, s’enfermer dans ses certitudes ou ses frontières : la mondialisation a mondialisé les périls. Ils sont sanitaires aujourd’hui. Mais ils existaient depuis longtemps ! Ce n’est qu’un de plus : dans une tranquille indifférence coupable, nous vivons dans le péril nucléaire, dans le péril environnemental, dans le péril technologique, et sans limiter pour autant nos déplacements, nos modes consommant, gaspillant, polluant, excluant, rejetant, accaparant, jouissant, condamnant.

Un de plus seulement et le monde tremble. Pour la première fois, il tremble du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

Moment Historique à vivre pleinement. Pour certains, leur histoire se terminera au bout d’un tuyau de respirateur mécanique. Pour nous, elle devra se poursuivre par un chemin qu’il nous faut trouver, débroussailler, baliser, élargir pour emporter dans une nouvelle direction cette humanité ébranlée, fissurée, en apesanteur dans le vide matérialiste ou philosophique.

Puisse ce choc être assez fort pour que ces morts ne soient pas morts pour rien. Même s’ils ne l’ont pas choisie, cette mort en soins intensifs, ils mériteront sans aucun doute le titre de héros si de leur histoire raccourcie émerge une nouvelle humanité vaccinée, contre ce virus peut-être, mais surtout contre toutes les maladies de nos sociétés qui nous tuent, elles aussi, mais lentement, discrètement, par l’intérieur de nous-mêmes, en corrompant notre humanité jusqu’à faire de notre Terre mère notre cercueil commun.

Nous voici confinés. Nous voici ramenés, comme l’étymologie le rappelle, à une limite commune, la même pour nous tous. De l’avoir transgressée, nous voici, désorientés, devant notre finitude et devant la finitude de tout ce qui nous entoure, de ce qui nous a faits, nous fait et nous fera demain. Avec l’obligation de se reconstruire, et de reconstruire. Autrement.

Puisque tout redevient possible quand un page blanche se présente à nous, Floreffe en transition vous souhaite de porter votre regard au-dessus des obstacles, vous y verrez un ciel d’espérance.

François